Pests and Diseases: AphidsLes pucerons sont parmi les plus grands ravageurs de plantes cultivées dans les régions tempérées. Ils effraient bon nombre d’horticulteurs puisqu’ils peuvent réduire la rapidité de croissance, tacher les feuilles, les faire jaunir, courber, brunir ou faner, retarder la croissance, affaiblir le rendement et tuer les plantes.

Par Iñaki García

Souvent, lorsque l’on parle de pucerons, ou d’aphidés, nous faisons référence à une grande famille d’insectes regroupant plus de 4,000 espèces de parasites qui s’attaquent à certaines plantes précises. De moins de 4 mm de longueur, ils sont dotés d’un abdomen bulbeux et peuvent revêtir plusieurs couleurs différentes. La plupart des espèces possèdent une dénomination commune ou scientifique qui indique le nom de leur plante hôte favorite, soit pour se nourrir, soit pour élever leur progéniture, ou qui décrit une caractéristique qui les distingue. Comme, par exemple, Hyadaphis coriandri préfère la coriandre, Brevicoryne brassicae préfère les crucifères comme le chou, le puceron du cotonnier (Aphis gossypii), le puceron vert des graminées (Schizaphis graminum), le puceron noir du pêcher (Brachycaudus persicae), et ainsi de suite.

Ladybird feeding on an aphid
Coccinelle se nourrissant d’un puceron.

Stylet

Tous les pucerons sont dotés d’un stylet (une sorte d’aiguille à seringue) qu’ils utilisent pour perforer et sucer la sève de la plante, et de deux tubes sur la partie postérieure, nommés cornicules ou siphoncles, qui servent à excréter une sorte de miellat qui se nomme « cire de cornicule ». Les pucerons se nourrissent généralement de la sève élaborée d’une plante riche en sucres, en minéraux et autres éléments. La sève élaborée circule dans le phloème, un tissu conducteur dans la plante. Les pucerons aspirent aussi le liquide du xylème, c'est-à-dire la sève brute qui provient directement des racines. C’est de qui fournit l’eau aux pucerons, leur permettant de rester hydratés durant les périodes chaudes et arides.

Cycle de vie

Une génération de pucerons peut survivre durant l’hiver sous forme d’œuf, leur permettant de résister à des extrêmes de température et d’humidité. Au printemps, les œufs nichés sur la plante (hôte primaire) éclosent, créant la première génération de pucerons. Tous les pucerons naissants d’un œuf d’hiver sont femelles. Plusieurs autres générations de pucerons femelles naissent au cours du printemps et de l’été. Une femelle peut vivre pendant 25 jours, période durant laquelle elle réussit à générer jusqu’à 80 nouveaux pucerons.

La reproduction printanière et estivale est asexuée, donc sans individu mâle. Ce phénomène se nomme parthénogenèse. Les pucerons sont en fait des clones de la mère. De plus, la reproduction à ce moment de l’année est dite vivipare, c'est-à-dire que le jeune naît complètement développé, et non dans un œuf (reproduction ovipare). Lorsque l’automne approche, une génération d’individus mâles et femelles est formée. Les femelles fertilisées par les mâles pondent alors des œufs d’hiver sur les plantes, et le cycle recommence.

Pucerons sans ailes

Le cycle de vie complet, incluant la phase vivipare suivie de l’étape finale de reproduction ovipare, est holocyclique. Toutefois, certaines espèces de pucerons sont seulement vivipares et adoptent un cycle de vie anholocyclique. Le cas échéant, les générations ne sont pas des clones, mais bien des individus génétiquement différents de la mère.

C’est souvent le climat local qui rend une espèce de pucerons anholocyclique ou holocyclique. Dans les régions modérées, une espèce qui est généralement hocyclique peut devenir anholocyclique, alors que, dans les climats plus froids, les pucerons sont holocycliques (les œufs peuvent résister au froid et certains pucerons ne peuvent pas se développer lorsque la température est inférieure à 5 °C). Les espèces de pucerons anholocycliques passent l’hiver en nymphes ou en adultes aptères.

Dans les deux cas, les pucerons peuvent être ailés ou aptères (sans ailes). Habituellement, la première génération qui émerge des œufs d’hiver est aptère, mais après quelques générations, le manque d’espace sur la plante hôte peut déclencher la naissance d’une génération de pucerons ailés qui pourront émigrer vers d’autres hôtes. La dispersion des pucerons dépend aussi du type de plante hôte. Certaines espèces de pucerons ne se développent que sur une espèce précise de plante. Ces pucerons sont dits monoïques. Les pucerons monoïques passent leur vie entière dans les arbres et les vivaces.

Les espèces s’attaquant le plus souvent aux cultures sont les pucerons hétéroéciques, ils se nourrissent sur diverses espèces de plantes. Le cycle des pucerons hétéroéciques holocycliques débute lorsque les œufs d’hiver éclosent sur l’hôte primaire. Les hôtes primaires sont habituellement des adventices annuelles, des arbustes ou des arbres. Quelques générations parthénocarpiques donnent alors naissance à une génération de femelles ailées qui émigrent vers l’hôte secondaire, généralement une plante cultivée. Dans ce nouvel environnement, les pucerons se reproduisent de manière parthénocarpiques pendant plusieurs générations de femelles jusqu’à l’arrivée de l’automne. À ce moment-là, une génération d’individus mâles et femelles ailés retourne vers l’hôte primaire pour y pondre les œufs d’hiver fertilisés, terminant ainsi le cycle.